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Le regard des autres.

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Ce qu’il y a d’intéressant dans le fait de rencontrer de nouvelles personnes, c’est qu’elles ont un regard tout à fait neutre sur notre personne, et que c’est toujours une bonne façon de voir comment on est perçu par des inconnus.

Quand je suivais une thérapie de groupe, j’avais déjà été frappée de la façon dont les gens pouvaient décortiquer ma façon d’être, et à quel point le peu d’assurance que j’avais à l’époque n’était absolument pas palpable.

Un peu plus de trois ans plus tard, après avoir radicalement changé de vie, et surtout, retrouvé un caractère affirmé, à ce qu’il paraît, (le côté sergent chef ressortant clairement, donc), il m’est parfois difficile de me rendre compte de mon évolution. J’ai encore parfois l’image de cette fille complètement effrayée, incapable de s’exprimer en public, et je me dis souvent que je dois paraître hyper timide, hyper complexée, et fadasse, donc.

Sauf que, je me suis bien rendue compte que ce n’était clairement plus le cas, et que je peux même, éventuellement, paraître complètement aventurière si je n’évoque que certaines parties de ma vie.

C’est en discutant avec une personne du fait que j’ai pas mal déménagé, bougé, et vécu beaucoup de choses différentes, qu’elle m’a fait une remarque qui m’a parut très étrange « c’est donc pour ça que tu parais si à l’aise et que tu as l’air de savoir prendre les choses en main. »

Parlait-elle vraiment de moi?

Moi, la petite souris grise?

Sauf que, en y réfléchissant bien, effectivement, je ne suis plus cette p’tite chose apeurée qui n’ose pas affirmer haut et fort ses goûts et dégoûts. Il est évident que je prends toujours les choses trop à cœur, que déplaire aux gens que j’aime et à leurs proches me paraît toujours aussi effrayant, et que je n’ai pas fini de me faire des nœuds au cerveau, mais je sais vivre avec maintenant. Je sais dire non, oser, prendre des initiatives, et me foutre du regard des inconnus. Je suis devenue non pas fière de ce que je suis, mais consciente que je ne suis pas si mal.

Et c’est déjà beaucoup.

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Du sexe, et de son « importance ».

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Souvent je dis que je vais arrêter de lire les commentaires sur facebook des articles de journaux. Voire même les commentaires en général.

Aujourd’hui, donc, en buvant mon café, bien tranquillement, après un repas agréable, mon attention a été retenue par un article de L’obs sur « coucher le premier soir » et le fait que non ça ne fait pas d’une femme une pute. (je synthétise). Sauf qu’évidemment, les commentaires n’étaient pas d’accord avec l’article.

Commentaires de tous sexes confondus bien sûr.

J’ai donc appris que si, coucher le premier soir fait de vous une salope, et surtout, ne mènera pas à une relation longue, et surtout pas à d’autres rendez-vous. (Ah? Faudrait peut être que je dise ça à quelqu’un moi. BREF.)

Ca fait des années que je suis assez perturbée par le rapport au sexe de la société. On en voit partout, des films aux livres en passant par les séries (coucou GOT et True Blood), on devrait penser qu’on est décomplexés non? Ben non.

Une femme qui couche le premier soir est toujours une salope. Une pute. Une traînée. Certainement pas la mère de vos futurs enfants, si vous êtes un homme. (parce que bien sûr, il faut avoir deux enfants, un pavillon en banlieue et un break hein).

Pour moi le sexe, faire l’amour ou juste baiser (bouh le vilain mot), c’est juste un plaisir parmi tant d’autres. Quelque chose qui peut être génial, quand c’est bien fait, dans le respect de l’autre et avec écoute, sans se prendre la tête, et sans sacraliser la chose. Ce n’est que du sexe. Rien de plus.

Du coup j’ai repensé à ce que m’a dit quelqu’un il y a quelques années, alors que j’étais en pleine rupture. J’étais très mal, c’était la première fois que je vivais quelque chose d’aussi douloureux, et j’ai eu le droit à « et dire qu’il t’as pris ta virginité. »

Oui.

Parce que je suis une femme. Et que visiblement, j’avais perdu quelque chose de sacré. Un truc qui me rendait pure. Et que je n’aurais pas du le faire avec quelqu’un qui ne resterait pas dans ma vie jusqu’à la fin.

Et pourquoi donc? Oui, j’ai attendu d’être amoureuse, mais parce que ça s’est fait comme ça. Selon les rencontres. Si j’avais perdu ma virginité à l’arrière d’une bagnole pourrie, ça n’aurait rien changé. Mon rapport au sexe aurait été sans doute le même. Chacun fait ce qu’il veut avec son corps, et c’est très bien ainsi.

J’ai vingt-huit ans, et j’ai eu un peu tous les cas possibles : une longue relation, quelques sex-friends, un coup d’un « soir », et si l’avenir est sympa, une jolie relation qui se construit. Chaque personne m’a apporté quelque chose. A chaque fois, j’ai dit non quand je n’avais pas envie, j’ai pris du plaisir, et j’en ai donné, et je n’ai jamais eu honte de ce que je faisais, ou me suis posé de questions. Les choses se sont toujours faites naturellement, parce que c’est comme ça que ça devrait se faire.

Le sexe, ça devrait être aussi simple que la bouffe. Parce que c’est aussi bon.

Oh et avant de vous quitter, je ne peux que vous conseiller d’aller voir la chaine youtube dont est issu le gif qui illustre cet article. Laci Green est une femme exceptionnelle, et elle parle intelligemment de pas mal de sujets liés au sexe, au féminisme, et à l’acceptation de son corps. C’est ici.

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Et les arbres fleurissent…

11133760_10206438531185924_2206415851890648013_nDehors, le printemps étend sa légère cape parsemée de fleurs de cerisiers, de camélias et de tendres boutons. Si d’habitude, tout cela parle infiniment à mon âme de poète (mauvais poète, entendons-nous bien, je ne sais absolument pas écrire des sonnets convenables ou de jolies rimes), cette année encore plus, j’ai l’impression que la nature fait écho à mon âme, ou vice et versa.

J’ai le bonheur qui fleurit aux coins des lèvres. Je cultive quelque chose d’infiniment doux et fragile, comme un petit rosier que l’on vient de planter, que l’on a envie de mettre sous cloche, et de surveiller avec l’attention qu’on accorde  à un enfant malade. Alors, en vivant des instants hors du temps, je me gorge de soleil en espérant que le printemps dure, puis que vienne l’été, mais que jamais ne vienne la dureté de l’hiver.

Qu’il est difficile de vivre au jour le jour en ayant l’habitude de planifier, contrôler avec un soin maniaque les détails entiers d’une existence…

Et en même temps, que c’est agréable que de se laisser aller. De goûter le piquant de la spontanéité, et d’être surprise. Un peu comme quand l’été, les pieds dans la mer, l’on est atteint à la fois par des vagues froides et chaudes, et que le soleil nous caresse les épaules. Ce sentiment d’éternité et de liberté.

Alors, j’emmagasine. Je fais collection d’instants que je colle dans le cahier de ma mémoire. A feuilleter plus tard, en espérant que moments et souvenirs s’ajoutent, et que les pages s’accumulent jusqu’à ce qu’elles jaunissent, et que plus tard, je les contemple avec bonheur.

Je crois que le bonheur a le goût doux et rond d’un macaron à la rose. Une saveur subtile et fleurie, qui va très bien avec le printemps. Et que j’espère garder longtemps.

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La solitude 2.0

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Ces derniers temps, j’ai discuté (virtuellement) avec plusieurs personnes de la difficulté de se faire des amis, de lier connaissance, à notre époque pourtant tellement connectée. C’est quelque chose que j’expérimente depuis des années, et qui me laisse et me laissera toujours perplexe.

Comment peut-on avoir à notre disposition tellement de moyens de s’informer, de partager, de découvrir, et être pourtant si seuls? On a beau avoir des multitudes de comptes sur des réseaux sociaux, parfois la vérité nous éclabousse, nous sommes dans notre coin, et si nous voulions, là, tout de suite, boire un café avec quelqu’un, beaucoup d’entre nous n’auraient personne.

Comment passe t-on de l’adolescence et de cette facilité à créer (et à détruire) des amitiés, pour entrer dans le monde adulte, celui où la rencontre devient aussi compliquée, pour certains du moins, que d’escalader le mont Everest? Sont-ce les films et les séries, nous présentant toujours des bandes d’amis formidables qui nous font croire que c’est anormal de ne pas être entourés? Et les gens entourés, le sont-ils vraiment? Est-ce que le téléphone répondra le jour où nous aurons besoin d’autre chose que de boire un peu trop et de faire la fête?

Peut-être est-ce là la clé de l’histoire, pour moi tout du moins, ne pas vouloir de superficialité. Je ne sais pas entretenir des amitiés moyennes, avoir des potes par dizaine pour toujours avoir quelqu’un sous le coude, et l’amitié se doit d’être aussi profonde que l’amour pour être valable à mes yeux. Je ne dis pas que c’est une façon plus valable qu’une autre mais c’est la seule que je connaisse.

Je ne peux pas me contenter de relations jetables et interchangeables, de personnes à qui je ne pourrais me montrer que sous mon meilleur jour, qui ne voudront pas supporter ce que je suis, et dont je ne pourrais pas apprécier l’entièreté. J’aime bien l’idéalisme  et l’exigence d’une de mes amies, la naïveté et le côté avocat du diable d’une autre, et leurs défauts me sont aussi chers que leurs qualités.

Au fond, ce qui me dérange dans cette société qui va si vite, c’est que nous ne prenons plus le temps de la découverte. En amour, comme en amitié, il faudrait calculer, se plier à des rituels et à des exigences, et arrêter d’être spontané. Attendre que l’autre nous réponde, parce que non, ça ne se fait pas d’être empressé et que ça peut faire fuir, se déguiser pour se vendre, s’améliorer pour paraître parfait. Nous vendons de l’image, du rêve, et oublions d’être nous-même. Et c’est tellement triste. Peut-être que oui, c’est être vulnérable que de s’ouvrir et d’être désarmé, mais à trop nous retrancher derrière d’épaisses murailles, ne perdons-nous pas au change?

Parce que trouver des personnes qui sont là pour vous dans les mauvais moments comme dans les bons, qui vous rassurent et vous aiment, qui vous font assez confiance pour tout vous dire, ça sera toujours plus important que de ne pas être seuls un samedi soir. Tant pis si mes amis se comptent sur les doigts de la main, pas besoin d’en avoir plus.

Néanmoins, la porte reste grande ouverte.

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Petite lettre à celle que j’étais…

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Ces derniers jours, je me suis pas mal relue. J’ai remonté le temps, parcouru des articles écrits il y a longtemps, fait un peu de ménage là-dedans, tout en m’interdisant de supprimer certaines choses, et quelque chose d’étrange est arrivé.

Une espèce de tendresse infinie m’est venue pour la grande gamine que j’étais il y a quelques années, complètement perdue, aveuglée, et qui ne savait pas du tout, du tout ce qui l’attendait. J’ai eu envie de remonter le temps et de prendre cette grande enfant là dans mes bras, en lui disant que tout est surmontable, et que la vie réserve bien des surprises. Lui dire que bien sûr, les rivières de larmes allaient couler, mais qu’après, il y aurait le printemps.

Et finalement, je m’aperçois que toute cette souffrance était nécessaire, que les mauvais moments m’ont permis de devenir une personne dont je commence petit à petit à être fière. Pas tous les jours, pas tout le temps, et parfois, même, pas du tout. Mais j’aime bien l’adulte que je suis. Complètement perfectible, mais comme je suis « jeune » (me disent souvent des gens plus vieux que moi), j’ai toute la vie pour tenter, jour après jour de m’améliorer.

Comme si j’étais le premier jet d’un roman pas mauvais, mais qui mérite d’être retravaillé, et auquel on peut ajouter encore quelques chapitres.

C’est réconfortant de me dire que sans doute, la moi du futur lira les mots que je suis en train d’écrire, et aura le même sentiment. Qui sait ce que sera ma vie alors? Je ne peux qu’y rêver et y travailler. En regardant de temps en arrière pour me conforter dans mes choix, pour apprendre encore de mes erreurs, et pour me rappeler des bons moments.

« Les hasards de notre vie nous ressemblent »  a dit Elsa Triolet, et plus que jamais je pense que c’est vrai. Même si les hasards doivent être un peu attrapés au vol, un peu comme des papillons envoyés par le destin. Et ça tombe bien, petite, j’aimais attraper des papillons et les relâcher après.

Il est tout à fait réconfortant de se dire que le présent est tout à fait agréable, et qu’il n’est pas nécessaire d’aller puiser du réconfort dans le passé ou dans le futur. Alors merci, à moi, à elles, et aux autres.

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Réflexions du moment.

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(cette image n’a rien à avoir avec l’article, mais c’est assez révélateur de ma façon de faire)

Ma tête bouillonne en ce moment. D’une manière positive, pour une fois, et j’essaye de réfléchir au maximum à comment garder cet élan, et comment réussir à concilier le dépassement de mes peurs et la vie que je veux mener.

Le mot d’ordre en ce moment pourrait être: oser. J’ai fait des choses récemment que je n’aurais jamais cru pouvoir faire, et me suis rendue compte que la spontanéité était décidément ce que j’aimais le plus dans ma vie. Malgré ce besoin maladif que j’ai d’être rassurée, je me rends compte que quand je me laisse aller, tout se passe pour le mieux.Et même si ce n’était pas le cas, au fond, quels sont les risques? Une petite désillusion? La terre ne va pas s’arrêter de tourner pour ça. Il m’aura fallut du temps pour me rendre compte que vivre ma vie est quand même dix fois plus agréable que de la rêver, et qu’il ne faut pas grand chose pour que ça se passe ainsi.

Du coup, j’ai envie de dépasser mes limites. Je pense à voyager un peu cet été, à lier d’autres amitiés, à m’engager un peu plus pour les idées qui me font vibrer, à partager des opinions, à débattre, à m’informer plus… Que ma vie soit dynamique autant qu’elle est calme, et qu’elle soit en accord avec ce que je suis finalement.

Au milieu de tout ça, je réalise que j’ai changé. Que la petite fille qui ne voulait pas grandir a cessé définitivement d’exister, et que j’ai bel et bien entamé un chapitre ultra intéressant de mon existence. Je ne sais pas où je vais, comment je vais y aller, ni ce que la vie me réserve, mais je commence à me dire que je deviens quelqu’un de plus intéressant. Que je mérite les bonnes choses qui m’arrivent, et que je dois continuer à consolider tout ça.

La vie n’est pas une comédie romantique, le monde n’est pas peuplé de bisounours, et il y a énormément de choses à changer, d’opinions à secouer, de choses qui me révoltent, mais je me sens bien. Ancrée.

“To live is the rarest thing in the world. Most people exist, that is all.”Oscar Wilde.

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Désabusée.

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Il y a des jours comme ça, où ça commence mal. Ayant mal dormi et étant d’humeur chatouilleuse, je ne suis pas très encline à être indulgente.

Et puis j’ouvre mon ordinateur. Je traîne sur facebook, sur le forum que j’affectionne tout particulièrement, et je me dis que je vais sans doute voir et lire des trucs intéressants qui me donneront un peu plus envie de bouger.

Sauf que non. Et que du coup, je bouillonne, et j’explose.

Globalement je suis une fille cool, mais il y a quelque chose que je ne peux pas supporter : Les préjugés.

(peut être pas pour rien qu’un de mes bouquins préférés s’appelle Pride and Prejudice, par ailleurs)

Quand je dis les préjugés, j’englobe pas mal de truc : racisme, homophobie, sexisme, slut-shaming, fat-shaming (et son contraire d’ailleurs, on en parle des gens qui jugent les minces?), (et j’en passe) bref, tout ce qui amène un être humain à se comporter comme un gros con ou une grosse conne.

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Ça me fatigue toute cette haine ambiante, toute cette incompréhension, tous ces gens qui ne prennent pas la peine de tenter de comprendre l’autre. Pourquoi? En quoi est-ce difficile de se renseigner, de ne pas juger sans savoir, d’être tolérant et ouvert?

Je suis épuisée aujourd’hui. De lire tout ça, de ne pas savoir quoi faire, de me dire que je n’ai pas les épaules pour, que j’ai envie de croire au monde, mais qu’il ne se laisse pas faire. Comment ne pas avoir envie de s’enfermer dans un petit cocon douillet quand tout vous y pousse?

Demain ça ira sans doute mieux, et j’aurais envie d’éduquer, de renseigner, d’aider. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, j’ai juste envie d’avoir la paix.

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Du bonheur, ou des bonheurs?

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« Happiness can be found, even in the darkness of times, if  one only remembers to turn on the light. »

Je cite de manière récurrente cette phrase qui pour moi veut tout dire.

Le truc avec le bonheur, c’est qu’on nous a toujours vendu ça comme un Graal des temps modernes. Il faut être heureux, épanoui, être positif. On nous montre ça comme un état de béatitude à atteindre 24h/24, sous peine d’avoir raté sa vie. « Ils vécurent très heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

Sauf, que hello, nous ne sommes pas dans un conte de fées sauce Disney. J’ai beau adorer les dessins animés, la vie, la vraie, elle pique, elle brûle, elle arrache.
On appréhende chacun le bonheur à notre manière, mais surtout, il ne faut pas le voir comme quelque chose qui nous tombera dans le gosier tout cuit. Ou comme le but de notre vie. On ne peut pas être heureux tout le temps, et ne serait-ce pas ennuyeux finalement? Apprécierait-on d’être dans une bulle, et de ne plus rien ressortir à force d’être aseptisés?

Il faut plutôt chercher à transformer chaque chose agréable en un bonheur à part entière. Le bonheur est ce jardin que nous cultivons si nous le pouvons. Et comme un jardin, il est fragile. Il ne faut pas l’étouffer, le contraindre, il faut juste être vigilant.

Au fond notre bonheur nous est propre, et il nous suffit d’être à l’écoute, pour tenter de le trouver. Je ne dis pas que ça marche tout le temps, que ma vie est un festival de bonne humeur et de beaux moments, mais depuis que j’ai compris qu’il me fallait tendre l’oreille, ouvrir les yeux, et être attentive, je suis beaucoup plus heureuse.

Je savoure les petits instants comme un carré de chocolat qu’on ferait fondre tout doucement dans notre bouche.

Et la vie est tout de suite plus agréable. Pas moins difficile, non, mais plus douce.

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Parlons d’amour.

Oh ben, oui, c’est très original en ce jour de Saint-Valentin. Jour que je fêterais très dignement avec de l’alcool, du fromage, et des films doudous.

Je suis une fille qui sait vivre, voyez-vous.

Parlons d’amour donc. J’aime les histoires d’amour qui finissent bien, je rêvasse et pleure devant certains films, j’aime aveuglément. Mais j’ai peur de l’Amour.

Une peur folle. Parlez moi d’amour et je fuis. Dites moi des choses tendres et je prends la poudre d’escampette. Dites-moi même que vous m’aimez, et vous êtes sûrs de ne pas me revoir.

Oh l’amitié, l’amour envers ma famille, tout cela, c’est mon carburant. Cela m’emplit, ça me porte. Non c’est l’Amour qui ne va pas. C’est me mettre à nu devant quelqu’un. Lui ouvrir mon cœur et lui donner une possibilité de me piétiner. Je l’ai fait une fois. Et j’ai fini écrasée, en lambeaux, ravagée. J’ai été ridicule. Je suis devenue une personne que je n’aimais pas, je me suis fait honte à moi-même parce que j’avais peur de lui lâcher la main.

Finalement, je suis mieux sans lui. Sans amertume, sans faux semblant, je me suis retrouvée. Les mois passant, ma personnalité est revenue, s’est affirmée, a grandi. Je n’ai plus eu peur de dire les choses à mes proches, plus honte de mes goûts, je suis partie à l’exploration de moi-même, me suis dépassée.

La ballerine que je suis (psychologiquement seulement) avance sur un fil, fragile, doucement, mais elle sait qu’elle ne tombera pas.

L’amour m’apparaît maintenant comme la chose susceptible de me faire tomber. Et pourtant, je rêve de tendresse, de mots chuchotés, de repas partagés, de fous et rires et d’embrassades, d’étreintes et de soupirs. Je veux frissonner, je veux donner, je veux être aimée pour ce que je suis, donner l’entièreté de mon être sans me perdre.

Et j’ai peur. Peur d’avoir muré mon cœur, de m’être tellement barricadée qu’il me sera impossible d’y arriver de nouveau.

Et puis je contemple les gens que j’aime, et je me dis que l’amour n’est pas parfait. Qu’il est partout, et qu’il m’atteindra sans doute au moment où je m’y attendrais le moins.

Alors j’espère.

Parce que ce qui me sauvera toujours,c’est que j’ai la foi. En tout. En la vie. En les autres. Et que c’est peut être ça l’amour. Finalement.

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Inconfortable.

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L’autre fois, je n’ai pas su dire mon âge. Ou du moins, me suis-je trompée d’un an. Et la vérité m’a explosé à la figure. Cela fait tellement longtemps que je vivote, tellement longtemps que je suis confite de peurs et d’angoisses, que je ne vois plus le temps passer.

Il y a eu une distorsion. M’occuper constamment l’esprit, me noyer le cerveau sous des informations et des stimulis me fait oublier. Je promène un miroir déformant sur ma réalité, j’essaie d’endormir ma propre méfiance pour oublier.

Oublier que j’ai tellement peur, que tout est si douloureux, que j’en ressens des douleurs physiques. Oublier que le reflet que j’évite dans le miroir me renvoie toujours l’image d’une personne que je ne reconnais pas. Ais-je vraiment l’âge que je calcule d’après ma date de naissance? Au fond de moi, je suis une gamine apeurée qui attende qu’on lui donne la main. Qu’on la sorte de là.

J’ai cru que c’était lui. Puis j’ai cru que, toute seule, par magie, en me poussant un peu, j’y arriverais. Honnêtement, j’étais persuadée que c’était possible. Possible de m’aimer, de me dépasser, d’être fière de moi, de trouver ma place, de rentrer dans la normalité que j’idéalise tant. Avoir mon métro, boulot, dodo, pouvoir vivre, tout simplement, sans avoir peur qu’une catastrophe me tombe sur le coin de la tête. Vivre sans être perdue dans mes sables mouvants, sans suffoquer.

Juste exister. M’accepter pour ce que je suis. Ne pas devoir peser, analyser, penser à chaque mot avant d’enfin oser prendre la parole. Ne plus craindre le rejet, l’abandon, ne plus me bâtir des scénarios catastrophes, ne plus croire que je suis la coupable de tous les maux possibles et imaginables.

Je veux être libre, légère. Je me vois avec une valise, sur le quai d’une gare quelque part, ou dans un aéroport, prête à affronter une ville inconnue, avec un sourire illuminant mon visage, et avec le sentiment que la vie m’appartient.

Je veux vivre et ne plus vivoter.

Rire jusqu’à en avoir mal à la mâchoire et ne plus pleurer que d’émotion ou de joie.

Ne plus avoir le sentiment de devoir me justifier encore et encore.

Me sentir bien, à ma place, droite dans mes baskets et libre.

Et j’espère, que c’est possible. Parce que c’est le fil qui me raccroche à tout ça. L’espoir.