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Ce que j’ai lu en janvier

Comme ça me manque de vous parler de ce que je vois et de ce que je lis, et que je ne tiens pas forcément à faire des articles séparés, j’inaugure deux nouvelles rubriques (la seconde fera l’objet d’une autre article dans la semaine) ce que j’ai lu et ce que j’ai vu.

Aujourd’hui, je vous parle de mes lectures de janvier. Sept livres et beaucoup de Zola !

Commençons par les classiques :

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Plus je lis Zola, plus je l’aime. Les descriptions des Halles, des victuailles, de la marchandise, dans ce roman sont tout simplement sublimes. On croirait s’y promener, respirer l’odeur des fleurs ou des poissons, et la vie de cette ville dans la ville nous devient familière. La galerie de personnages est comme d’habitude très vaste, avec cette distinction entre ceux qui réussissent et ceux qui vivotent, voire sont dans la pauvreté. J’ai détesté Lisa, comme tout lecteur je crois, avec sa tranquillité de femme heureuse et contente, confite dans une méchanceté sournoise et diffuse…

Avec le bonheur des dames je crois que c’est pour l’instant mon roman préféré de l’auteur.

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Extraordinaire également, cette conquête de Plassans ! Assister à cette conquête, à ces personnages manipulés, poussés à la folie ou à leur perte est un supplice et un régal en même temps. On  voit les choses se dérouler, en sachant que la victoire de l’un va mener les autres au tombeau, et l’on craint, l’on admire aussi celui qui est l’auteur de tous ces méfaits, même si au fond, d’autres se chargent des basses besognes. La folie est présente dans tout le roman, et ronge petit à petit comme les éléments érodent les falaises.

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L’abbé Mouret, personnage que l’on a déjà rencontré dans la conquête de Plassans, est un homme habité par la piété, à un point maladif et inquiétant, tenant plus du mysticisme. Fasciné par la vierge, qui semble finalement être un moyen de fuir ses envies par la religion, en plaçant la femme en icone virginale, le « héros » de ce roman a demandé à être envoyé dans un lieu désertique, se voulant ascète. A force justement de s’oublier dans la religion, il tombe malade, et est recueilli dans une sorte de paradis perdu où il découvrira l’amour… Les descriptions lyriques de cet endroit sont magnifiques. Un vrai plaisir à lire, encore.

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Ah la vie politique ! Vous voulez dégoûter quelqu’un de la politique? Faites-lui lire ce livre. Nous plongeons en plein dans les méandres enfumés de ce monde peu sympathique, que Zola décrit avec beaucoup de justesse. Coups bas, retournements de vestes, trahisons… Une foule de personnages aussi peu sympathiques les uns que les autres. Je les ai quasiment tous détestés, tout en aimant peu le personnage principal. Aucun pour racheter les autres.

Mais j’ai beaucoup aimé ce livre tout de même, parce que très juste, et comme d’habitude formidablement écrit.

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On change un peu de Zola quand même, même si j’aurais pu continuer sans me lasser, pour plonger dans l’Angleterre victorienne avec Miss Mackenzie et Trollope. Miss Mackenzie, presque une page blanche tant son existence a été vide jusqu’à ses trente cinq ans, s’occupant de son père, puis de son frère, malades tous les deux. Que faire ensuite, pourvue d’une fortune? Les soupirants sont là, trop heureux de cette proie à priori facile. Mais notre héroïne entend bien vivre désormais, et puisque que l’auteur semble lui porter une certaine affection, se débrouille tout à fait bien. Drôle, et plein de finesse Trollope m’a convaincue ! J’ai aimé sa façon de dépeindre son époque, et certains personnages m’ont beaucoup amusée, notamment l’un des prétendants et son « oeil ». Ceux qui l’ont lu me comprendront.

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Un petit bijou que cette correspondance fictive entre deux amis, l’un allemand, l’autre juif, l’un en Allemagne, l’autre en Amérique, que le nazisme et la guerre finissent par séparer. Je ne peux que vous conseiller de le lire, puisque c’est très court, et que la fin est glaçante. Je m’en souviendrai longtemps.

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Un journaliste primé, trompé par sa femme, plaque tout pour devenir facteur dans le petit village où ses grands-parents lui ont laissé une maison. En apprenant à découvrir les gens chez qui il entre, il se redécouvre lui-même, après une multitude de rencontres et d’aventures comme seuls les auteurs scandinaves savent les écrire. C’est farfelu, très bizarre, et il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. Mais je me suis laissée porter par les personnages, et même si ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable, j’ai passé un très bon moment.