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Du sexe, et de son « importance ».

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Souvent je dis que je vais arrêter de lire les commentaires sur facebook des articles de journaux. Voire même les commentaires en général.

Aujourd’hui, donc, en buvant mon café, bien tranquillement, après un repas agréable, mon attention a été retenue par un article de L’obs sur « coucher le premier soir » et le fait que non ça ne fait pas d’une femme une pute. (je synthétise). Sauf qu’évidemment, les commentaires n’étaient pas d’accord avec l’article.

Commentaires de tous sexes confondus bien sûr.

J’ai donc appris que si, coucher le premier soir fait de vous une salope, et surtout, ne mènera pas à une relation longue, et surtout pas à d’autres rendez-vous. (Ah? Faudrait peut être que je dise ça à quelqu’un moi. BREF.)

Ca fait des années que je suis assez perturbée par le rapport au sexe de la société. On en voit partout, des films aux livres en passant par les séries (coucou GOT et True Blood), on devrait penser qu’on est décomplexés non? Ben non.

Une femme qui couche le premier soir est toujours une salope. Une pute. Une traînée. Certainement pas la mère de vos futurs enfants, si vous êtes un homme. (parce que bien sûr, il faut avoir deux enfants, un pavillon en banlieue et un break hein).

Pour moi le sexe, faire l’amour ou juste baiser (bouh le vilain mot), c’est juste un plaisir parmi tant d’autres. Quelque chose qui peut être génial, quand c’est bien fait, dans le respect de l’autre et avec écoute, sans se prendre la tête, et sans sacraliser la chose. Ce n’est que du sexe. Rien de plus.

Du coup j’ai repensé à ce que m’a dit quelqu’un il y a quelques années, alors que j’étais en pleine rupture. J’étais très mal, c’était la première fois que je vivais quelque chose d’aussi douloureux, et j’ai eu le droit à « et dire qu’il t’as pris ta virginité. »

Oui.

Parce que je suis une femme. Et que visiblement, j’avais perdu quelque chose de sacré. Un truc qui me rendait pure. Et que je n’aurais pas du le faire avec quelqu’un qui ne resterait pas dans ma vie jusqu’à la fin.

Et pourquoi donc? Oui, j’ai attendu d’être amoureuse, mais parce que ça s’est fait comme ça. Selon les rencontres. Si j’avais perdu ma virginité à l’arrière d’une bagnole pourrie, ça n’aurait rien changé. Mon rapport au sexe aurait été sans doute le même. Chacun fait ce qu’il veut avec son corps, et c’est très bien ainsi.

J’ai vingt-huit ans, et j’ai eu un peu tous les cas possibles : une longue relation, quelques sex-friends, un coup d’un « soir », et si l’avenir est sympa, une jolie relation qui se construit. Chaque personne m’a apporté quelque chose. A chaque fois, j’ai dit non quand je n’avais pas envie, j’ai pris du plaisir, et j’en ai donné, et je n’ai jamais eu honte de ce que je faisais, ou me suis posé de questions. Les choses se sont toujours faites naturellement, parce que c’est comme ça que ça devrait se faire.

Le sexe, ça devrait être aussi simple que la bouffe. Parce que c’est aussi bon.

Oh et avant de vous quitter, je ne peux que vous conseiller d’aller voir la chaine youtube dont est issu le gif qui illustre cet article. Laci Green est une femme exceptionnelle, et elle parle intelligemment de pas mal de sujets liés au sexe, au féminisme, et à l’acceptation de son corps. C’est ici.

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Et les arbres fleurissent…

11133760_10206438531185924_2206415851890648013_nDehors, le printemps étend sa légère cape parsemée de fleurs de cerisiers, de camélias et de tendres boutons. Si d’habitude, tout cela parle infiniment à mon âme de poète (mauvais poète, entendons-nous bien, je ne sais absolument pas écrire des sonnets convenables ou de jolies rimes), cette année encore plus, j’ai l’impression que la nature fait écho à mon âme, ou vice et versa.

J’ai le bonheur qui fleurit aux coins des lèvres. Je cultive quelque chose d’infiniment doux et fragile, comme un petit rosier que l’on vient de planter, que l’on a envie de mettre sous cloche, et de surveiller avec l’attention qu’on accorde  à un enfant malade. Alors, en vivant des instants hors du temps, je me gorge de soleil en espérant que le printemps dure, puis que vienne l’été, mais que jamais ne vienne la dureté de l’hiver.

Qu’il est difficile de vivre au jour le jour en ayant l’habitude de planifier, contrôler avec un soin maniaque les détails entiers d’une existence…

Et en même temps, que c’est agréable que de se laisser aller. De goûter le piquant de la spontanéité, et d’être surprise. Un peu comme quand l’été, les pieds dans la mer, l’on est atteint à la fois par des vagues froides et chaudes, et que le soleil nous caresse les épaules. Ce sentiment d’éternité et de liberté.

Alors, j’emmagasine. Je fais collection d’instants que je colle dans le cahier de ma mémoire. A feuilleter plus tard, en espérant que moments et souvenirs s’ajoutent, et que les pages s’accumulent jusqu’à ce qu’elles jaunissent, et que plus tard, je les contemple avec bonheur.

Je crois que le bonheur a le goût doux et rond d’un macaron à la rose. Une saveur subtile et fleurie, qui va très bien avec le printemps. Et que j’espère garder longtemps.