4

La solitude 2.0

tumblr_mm4t85Kkr81r35y2lo1_500

Ces derniers temps, j’ai discuté (virtuellement) avec plusieurs personnes de la difficulté de se faire des amis, de lier connaissance, à notre époque pourtant tellement connectée. C’est quelque chose que j’expérimente depuis des années, et qui me laisse et me laissera toujours perplexe.

Comment peut-on avoir à notre disposition tellement de moyens de s’informer, de partager, de découvrir, et être pourtant si seuls? On a beau avoir des multitudes de comptes sur des réseaux sociaux, parfois la vérité nous éclabousse, nous sommes dans notre coin, et si nous voulions, là, tout de suite, boire un café avec quelqu’un, beaucoup d’entre nous n’auraient personne.

Comment passe t-on de l’adolescence et de cette facilité à créer (et à détruire) des amitiés, pour entrer dans le monde adulte, celui où la rencontre devient aussi compliquée, pour certains du moins, que d’escalader le mont Everest? Sont-ce les films et les séries, nous présentant toujours des bandes d’amis formidables qui nous font croire que c’est anormal de ne pas être entourés? Et les gens entourés, le sont-ils vraiment? Est-ce que le téléphone répondra le jour où nous aurons besoin d’autre chose que de boire un peu trop et de faire la fête?

Peut-être est-ce là la clé de l’histoire, pour moi tout du moins, ne pas vouloir de superficialité. Je ne sais pas entretenir des amitiés moyennes, avoir des potes par dizaine pour toujours avoir quelqu’un sous le coude, et l’amitié se doit d’être aussi profonde que l’amour pour être valable à mes yeux. Je ne dis pas que c’est une façon plus valable qu’une autre mais c’est la seule que je connaisse.

Je ne peux pas me contenter de relations jetables et interchangeables, de personnes à qui je ne pourrais me montrer que sous mon meilleur jour, qui ne voudront pas supporter ce que je suis, et dont je ne pourrais pas apprécier l’entièreté. J’aime bien l’idéalisme  et l’exigence d’une de mes amies, la naïveté et le côté avocat du diable d’une autre, et leurs défauts me sont aussi chers que leurs qualités.

Au fond, ce qui me dérange dans cette société qui va si vite, c’est que nous ne prenons plus le temps de la découverte. En amour, comme en amitié, il faudrait calculer, se plier à des rituels et à des exigences, et arrêter d’être spontané. Attendre que l’autre nous réponde, parce que non, ça ne se fait pas d’être empressé et que ça peut faire fuir, se déguiser pour se vendre, s’améliorer pour paraître parfait. Nous vendons de l’image, du rêve, et oublions d’être nous-même. Et c’est tellement triste. Peut-être que oui, c’est être vulnérable que de s’ouvrir et d’être désarmé, mais à trop nous retrancher derrière d’épaisses murailles, ne perdons-nous pas au change?

Parce que trouver des personnes qui sont là pour vous dans les mauvais moments comme dans les bons, qui vous rassurent et vous aiment, qui vous font assez confiance pour tout vous dire, ça sera toujours plus important que de ne pas être seuls un samedi soir. Tant pis si mes amis se comptent sur les doigts de la main, pas besoin d’en avoir plus.

Néanmoins, la porte reste grande ouverte.

2

Petite lettre à celle que j’étais…

IMG_6874

Ces derniers jours, je me suis pas mal relue. J’ai remonté le temps, parcouru des articles écrits il y a longtemps, fait un peu de ménage là-dedans, tout en m’interdisant de supprimer certaines choses, et quelque chose d’étrange est arrivé.

Une espèce de tendresse infinie m’est venue pour la grande gamine que j’étais il y a quelques années, complètement perdue, aveuglée, et qui ne savait pas du tout, du tout ce qui l’attendait. J’ai eu envie de remonter le temps et de prendre cette grande enfant là dans mes bras, en lui disant que tout est surmontable, et que la vie réserve bien des surprises. Lui dire que bien sûr, les rivières de larmes allaient couler, mais qu’après, il y aurait le printemps.

Et finalement, je m’aperçois que toute cette souffrance était nécessaire, que les mauvais moments m’ont permis de devenir une personne dont je commence petit à petit à être fière. Pas tous les jours, pas tout le temps, et parfois, même, pas du tout. Mais j’aime bien l’adulte que je suis. Complètement perfectible, mais comme je suis « jeune » (me disent souvent des gens plus vieux que moi), j’ai toute la vie pour tenter, jour après jour de m’améliorer.

Comme si j’étais le premier jet d’un roman pas mauvais, mais qui mérite d’être retravaillé, et auquel on peut ajouter encore quelques chapitres.

C’est réconfortant de me dire que sans doute, la moi du futur lira les mots que je suis en train d’écrire, et aura le même sentiment. Qui sait ce que sera ma vie alors? Je ne peux qu’y rêver et y travailler. En regardant de temps en arrière pour me conforter dans mes choix, pour apprendre encore de mes erreurs, et pour me rappeler des bons moments.

« Les hasards de notre vie nous ressemblent »  a dit Elsa Triolet, et plus que jamais je pense que c’est vrai. Même si les hasards doivent être un peu attrapés au vol, un peu comme des papillons envoyés par le destin. Et ça tombe bien, petite, j’aimais attraper des papillons et les relâcher après.

Il est tout à fait réconfortant de se dire que le présent est tout à fait agréable, et qu’il n’est pas nécessaire d’aller puiser du réconfort dans le passé ou dans le futur. Alors merci, à moi, à elles, et aux autres.

6

American Horror story : Freak show

american-horror-story-freak-show-poster

Aujourd’hui je vais vous parler de ma dernière « claque » télévisuelle, ou plutôt de pourquoi j’ai tellement aimé cette dernière saison d’American horror story.

Pourtant, ça avait mal commencé, j’avais moyennement accroché la première fois avec le premier épisode, et puis finalement, vendredi, en mangeant avec quelqu’un je l’ai revu, et j’ai eu envie de voir la suite. (comme quoi, on garde toujours un truc positif d’un échec, mais ceci est une autre histoire, que je doute raconter.)

Cette saison se déroule donc en Amérique, dans la ville de Jupiter, durant les années cinquante. On suit le quotidien d’un freak show (un spectacle de curiosités et de monstres), et de la directrice, Elsa Mars, qui semble être la seule personne « normale » de sa troupe. Ce petit monde, régit par des règles strictes, tente de survivre et est bouleversé par l’arrivée de deux soeurs siamoises Betty et Dot.

Bien sûr les intrigues sont multiples, du clown tueur en passant par l’escroc meurtrier, mais je n’ai pas vraiment envie de vous en dévoiler plus là-dessus.

Non ce que j’ai envie de dire, c’est que cette saison m’a fait énormément réfléchir sur les apparences, sur le fait que les monstres sont rarement ceux qui paraissent l’être, et encore une fois l’hypocrisie de la société et de la bienséance est prégnante.

Le personnage qui m’a parut le plus intéressant finalement, parce que le plus torturé peut-être, c’est Elsa Mars, jouée par la géniale Jessica Lange ♥. Elsa joue un rôle. Dans la vie comme sur scène, elle n’est jamais, jamais elle-même. Au départ, on déteste son cynisme, son égoïsme, sa façon de jouer avec les gens pour en avoir ce qu’elle veut, même si on ne peut s’empêcher d’admirer sa façon de faire. Mais ensuite, petit à petit, elle se dévoile. On découvre les failles, la peur, l’amertume, et la solitude d’Elsa.

Et c’est ça qui m’a émue. Elle désire être aimée, et finalement ,c’est ce qui la pousse à vouloir réussir, à vouloir être vue, à se faire manipuler. Elsa veut exister par son public, par l’amour qu’elle va recevoir en devenant célèbre, sans se rendre compte que finalement elle a déjà de l’amour, et qu’elle est en train de le perdre.

La fin de la série est assez incroyable d’ailleurs pour ça, une jolie leçon…

Ce que j’en retiens, c’est qu’il ne sert à rien de vouloir être aimée par le plus grand nombre, de vouloir chercher des bonheurs illusoires très loin, et que souvent, l’amour est autour de nous, dans nos amis, dans nos familles (celles qu’on a, ou celles que l’on se crée), et qu’il faut savoir le reconnaître et l’apprécier.

Bon, bien sûr, la série est sanglante, le quota de morts est assez phénoménal, et il faut avoir le coeur bien accroché. Mais ce n’est pas que du sanguinolent, bien au contraire.

Et en plus il y a beaucoup de chansons de David Bowie. Que demande le peuple, franchement?

0

Réflexions du moment.

tumblr_lu91ao0NR51qfqudho1_500

(cette image n’a rien à avoir avec l’article, mais c’est assez révélateur de ma façon de faire)

Ma tête bouillonne en ce moment. D’une manière positive, pour une fois, et j’essaye de réfléchir au maximum à comment garder cet élan, et comment réussir à concilier le dépassement de mes peurs et la vie que je veux mener.

Le mot d’ordre en ce moment pourrait être: oser. J’ai fait des choses récemment que je n’aurais jamais cru pouvoir faire, et me suis rendue compte que la spontanéité était décidément ce que j’aimais le plus dans ma vie. Malgré ce besoin maladif que j’ai d’être rassurée, je me rends compte que quand je me laisse aller, tout se passe pour le mieux.Et même si ce n’était pas le cas, au fond, quels sont les risques? Une petite désillusion? La terre ne va pas s’arrêter de tourner pour ça. Il m’aura fallut du temps pour me rendre compte que vivre ma vie est quand même dix fois plus agréable que de la rêver, et qu’il ne faut pas grand chose pour que ça se passe ainsi.

Du coup, j’ai envie de dépasser mes limites. Je pense à voyager un peu cet été, à lier d’autres amitiés, à m’engager un peu plus pour les idées qui me font vibrer, à partager des opinions, à débattre, à m’informer plus… Que ma vie soit dynamique autant qu’elle est calme, et qu’elle soit en accord avec ce que je suis finalement.

Au milieu de tout ça, je réalise que j’ai changé. Que la petite fille qui ne voulait pas grandir a cessé définitivement d’exister, et que j’ai bel et bien entamé un chapitre ultra intéressant de mon existence. Je ne sais pas où je vais, comment je vais y aller, ni ce que la vie me réserve, mais je commence à me dire que je deviens quelqu’un de plus intéressant. Que je mérite les bonnes choses qui m’arrivent, et que je dois continuer à consolider tout ça.

La vie n’est pas une comédie romantique, le monde n’est pas peuplé de bisounours, et il y a énormément de choses à changer, d’opinions à secouer, de choses qui me révoltent, mais je me sens bien. Ancrée.

“To live is the rarest thing in the world. Most people exist, that is all.”Oscar Wilde.

2

Désabusée.

MjAxMy1mYzc4NzFmZjhmMWJhMzYy

Il y a des jours comme ça, où ça commence mal. Ayant mal dormi et étant d’humeur chatouilleuse, je ne suis pas très encline à être indulgente.

Et puis j’ouvre mon ordinateur. Je traîne sur facebook, sur le forum que j’affectionne tout particulièrement, et je me dis que je vais sans doute voir et lire des trucs intéressants qui me donneront un peu plus envie de bouger.

Sauf que non. Et que du coup, je bouillonne, et j’explose.

Globalement je suis une fille cool, mais il y a quelque chose que je ne peux pas supporter : Les préjugés.

(peut être pas pour rien qu’un de mes bouquins préférés s’appelle Pride and Prejudice, par ailleurs)

Quand je dis les préjugés, j’englobe pas mal de truc : racisme, homophobie, sexisme, slut-shaming, fat-shaming (et son contraire d’ailleurs, on en parle des gens qui jugent les minces?), (et j’en passe) bref, tout ce qui amène un être humain à se comporter comme un gros con ou une grosse conne.

i4qeax

Ça me fatigue toute cette haine ambiante, toute cette incompréhension, tous ces gens qui ne prennent pas la peine de tenter de comprendre l’autre. Pourquoi? En quoi est-ce difficile de se renseigner, de ne pas juger sans savoir, d’être tolérant et ouvert?

Je suis épuisée aujourd’hui. De lire tout ça, de ne pas savoir quoi faire, de me dire que je n’ai pas les épaules pour, que j’ai envie de croire au monde, mais qu’il ne se laisse pas faire. Comment ne pas avoir envie de s’enfermer dans un petit cocon douillet quand tout vous y pousse?

Demain ça ira sans doute mieux, et j’aurais envie d’éduquer, de renseigner, d’aider. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, j’ai juste envie d’avoir la paix.