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Du bonheur, ou des bonheurs?

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« Happiness can be found, even in the darkness of times, if  one only remembers to turn on the light. »

Je cite de manière récurrente cette phrase qui pour moi veut tout dire.

Le truc avec le bonheur, c’est qu’on nous a toujours vendu ça comme un Graal des temps modernes. Il faut être heureux, épanoui, être positif. On nous montre ça comme un état de béatitude à atteindre 24h/24, sous peine d’avoir raté sa vie. « Ils vécurent très heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

Sauf, que hello, nous ne sommes pas dans un conte de fées sauce Disney. J’ai beau adorer les dessins animés, la vie, la vraie, elle pique, elle brûle, elle arrache.
On appréhende chacun le bonheur à notre manière, mais surtout, il ne faut pas le voir comme quelque chose qui nous tombera dans le gosier tout cuit. Ou comme le but de notre vie. On ne peut pas être heureux tout le temps, et ne serait-ce pas ennuyeux finalement? Apprécierait-on d’être dans une bulle, et de ne plus rien ressortir à force d’être aseptisés?

Il faut plutôt chercher à transformer chaque chose agréable en un bonheur à part entière. Le bonheur est ce jardin que nous cultivons si nous le pouvons. Et comme un jardin, il est fragile. Il ne faut pas l’étouffer, le contraindre, il faut juste être vigilant.

Au fond notre bonheur nous est propre, et il nous suffit d’être à l’écoute, pour tenter de le trouver. Je ne dis pas que ça marche tout le temps, que ma vie est un festival de bonne humeur et de beaux moments, mais depuis que j’ai compris qu’il me fallait tendre l’oreille, ouvrir les yeux, et être attentive, je suis beaucoup plus heureuse.

Je savoure les petits instants comme un carré de chocolat qu’on ferait fondre tout doucement dans notre bouche.

Et la vie est tout de suite plus agréable. Pas moins difficile, non, mais plus douce.

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Parlons d’amour.

Oh ben, oui, c’est très original en ce jour de Saint-Valentin. Jour que je fêterais très dignement avec de l’alcool, du fromage, et des films doudous.

Je suis une fille qui sait vivre, voyez-vous.

Parlons d’amour donc. J’aime les histoires d’amour qui finissent bien, je rêvasse et pleure devant certains films, j’aime aveuglément. Mais j’ai peur de l’Amour.

Une peur folle. Parlez moi d’amour et je fuis. Dites moi des choses tendres et je prends la poudre d’escampette. Dites-moi même que vous m’aimez, et vous êtes sûrs de ne pas me revoir.

Oh l’amitié, l’amour envers ma famille, tout cela, c’est mon carburant. Cela m’emplit, ça me porte. Non c’est l’Amour qui ne va pas. C’est me mettre à nu devant quelqu’un. Lui ouvrir mon cœur et lui donner une possibilité de me piétiner. Je l’ai fait une fois. Et j’ai fini écrasée, en lambeaux, ravagée. J’ai été ridicule. Je suis devenue une personne que je n’aimais pas, je me suis fait honte à moi-même parce que j’avais peur de lui lâcher la main.

Finalement, je suis mieux sans lui. Sans amertume, sans faux semblant, je me suis retrouvée. Les mois passant, ma personnalité est revenue, s’est affirmée, a grandi. Je n’ai plus eu peur de dire les choses à mes proches, plus honte de mes goûts, je suis partie à l’exploration de moi-même, me suis dépassée.

La ballerine que je suis (psychologiquement seulement) avance sur un fil, fragile, doucement, mais elle sait qu’elle ne tombera pas.

L’amour m’apparaît maintenant comme la chose susceptible de me faire tomber. Et pourtant, je rêve de tendresse, de mots chuchotés, de repas partagés, de fous et rires et d’embrassades, d’étreintes et de soupirs. Je veux frissonner, je veux donner, je veux être aimée pour ce que je suis, donner l’entièreté de mon être sans me perdre.

Et j’ai peur. Peur d’avoir muré mon cœur, de m’être tellement barricadée qu’il me sera impossible d’y arriver de nouveau.

Et puis je contemple les gens que j’aime, et je me dis que l’amour n’est pas parfait. Qu’il est partout, et qu’il m’atteindra sans doute au moment où je m’y attendrais le moins.

Alors j’espère.

Parce que ce qui me sauvera toujours,c’est que j’ai la foi. En tout. En la vie. En les autres. Et que c’est peut être ça l’amour. Finalement.

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Inconfortable.

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L’autre fois, je n’ai pas su dire mon âge. Ou du moins, me suis-je trompée d’un an. Et la vérité m’a explosé à la figure. Cela fait tellement longtemps que je vivote, tellement longtemps que je suis confite de peurs et d’angoisses, que je ne vois plus le temps passer.

Il y a eu une distorsion. M’occuper constamment l’esprit, me noyer le cerveau sous des informations et des stimulis me fait oublier. Je promène un miroir déformant sur ma réalité, j’essaie d’endormir ma propre méfiance pour oublier.

Oublier que j’ai tellement peur, que tout est si douloureux, que j’en ressens des douleurs physiques. Oublier que le reflet que j’évite dans le miroir me renvoie toujours l’image d’une personne que je ne reconnais pas. Ais-je vraiment l’âge que je calcule d’après ma date de naissance? Au fond de moi, je suis une gamine apeurée qui attende qu’on lui donne la main. Qu’on la sorte de là.

J’ai cru que c’était lui. Puis j’ai cru que, toute seule, par magie, en me poussant un peu, j’y arriverais. Honnêtement, j’étais persuadée que c’était possible. Possible de m’aimer, de me dépasser, d’être fière de moi, de trouver ma place, de rentrer dans la normalité que j’idéalise tant. Avoir mon métro, boulot, dodo, pouvoir vivre, tout simplement, sans avoir peur qu’une catastrophe me tombe sur le coin de la tête. Vivre sans être perdue dans mes sables mouvants, sans suffoquer.

Juste exister. M’accepter pour ce que je suis. Ne pas devoir peser, analyser, penser à chaque mot avant d’enfin oser prendre la parole. Ne plus craindre le rejet, l’abandon, ne plus me bâtir des scénarios catastrophes, ne plus croire que je suis la coupable de tous les maux possibles et imaginables.

Je veux être libre, légère. Je me vois avec une valise, sur le quai d’une gare quelque part, ou dans un aéroport, prête à affronter une ville inconnue, avec un sourire illuminant mon visage, et avec le sentiment que la vie m’appartient.

Je veux vivre et ne plus vivoter.

Rire jusqu’à en avoir mal à la mâchoire et ne plus pleurer que d’émotion ou de joie.

Ne plus avoir le sentiment de devoir me justifier encore et encore.

Me sentir bien, à ma place, droite dans mes baskets et libre.

Et j’espère, que c’est possible. Parce que c’est le fil qui me raccroche à tout ça. L’espoir.

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Ce que j’ai vu en janvier

Me revoilà avec la deuxième partie du post précédent, qui portera donc sur les séries et le film que j’ai vu en janvier. En ce moment je vois peu de films, me demandez pas pourquoi je n’en ai aucune idée. Je regarde surtout des séries ou des mini séries.

Un besoin de passer plus qu’une heure et demi en compagnie des personnages, je crois.

Je commencerais quand même par le seul et unique film que j’ai vu en janvier, en excellente compagnie en plus, avec mon p’tit rayon de soleil qui m’a fait la joie de me rendre visite. (et qui est repartie sous la neige, telle une héroïne des temps modernes)

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Soyons clairs dès le départ, Le labyrinthe (aka the maze) n’est clairement pas le film du siècle. Loin de là. Par contre, contrairement à ce que semble indiquer son affiche absolument nulle, c’est pas si mauvais.

Mais de quoi ça parle ? De Thomas, un jeune ado (joué par un acteur qui n’est pas un ado soit dit en passant.), qui au début du film se retrouve catapulté (en fait non, il prend l’ascenseur) dans un camp d’ados mâles (la parité? Qu’est-ce que c’est?) qui partagent la même amnésie. Qu’ont été leurs vies avant d’arriver dans cet endroit? Personne ne le sait. Chacun se souvient de son prénom, point à la ligne. En toile de fond de cette étrange affaire, un mur les entoure. Ou plus précisément, ils sont au centre d’un labyrinthe dont les portes s’ouvrent chaque matin pour se refermer le soir. La nuit, il ne vaut mieux pas s’y attarder, il est peuplé de créatures qui ne vous laisseront pas la vie.

Mais pourquoi? Comment? Thomas va évidemment mettre son grain de sel dans l’histoire, sinon c’est pas drôle.

Verdict? J’ai plutôt bien aimé. Le voir avec quelqu’un et dire des bêtises devant a du beaucoup jouer, je pense que seule j’aurais trouvé ça moyen et que j’aurais peut être accéléré certains passages. Ça reste destiné à un public teenage, ce que je ne suis plus (hé oui, je sais, je garde mon air de jeune rebelle), et ça se sent. (bon faut aimer les uchronies, dystopies, et autres choses en ie)

Néanmoins, je verrais la suite avec plaisir. Et j’ai commencé le bouquin.

Passons maintenant aux séries. Je vous ai parlé de Call the midwife auparavant donc je ne vais pas le refaire, j’évoquerais donc les autres.

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Endeavour. Cette série là, je l’ai regardée parce que ma librairie préférée (bisous si tu passes par ici), m’en a parlé. Et j’ai beaucoup aimé. C’est une préquelle à l’Inspecteur morse, adaptée de livres de Colin Dexter. On y suit donc les débuts du jeune Endeavour Morse, qui revient à Oxford, où il a été nommé. Il ne s’entend ni avec ses collègues ni avec sa hiérarchie, à part un de ses supérieurs qui voit en lui un certain potentiel. Il a beau être brillant, on ne peut pas dire qu’il brille par sa diplomatie ou qu’il soit sociable. C’est sans doute pour cela que je l’ai tant apprécié. Il fait des mots croisés, écoute de l’Opéra, et a un charme très britannique, je suis donc faible et conquise d’avance devant un tel personnage, surtout s’il y a des enquêtes à la clé. On ne se refait pas !

MarchlandsMarchlands c’est typiquement le genre de mini-série que j’aime bien. On y suit trois familles, à trois époques différentes, dans la même maison. La première famille subit la perte d’un enfant, la deuxième famille a une petite fille perturbée qui a une amie imaginaire, et dans la troisième famille, une jeune femme enceinte se retrouve immobilisée à la maison.

A chaque époque, des secrets, qui sont finalement tous mêlés, et un fil à tirer pour connaître la vérité. C’est une série efficace, qu’on prend plaisir à regarder, même si ce n’est pas la meilleure série anglaise que j’ai pu voir, j’ai passé un bon moment à tenter de comprendre et à échafauder des théories.

Bletchley_Circle-About-artLast but not least, The bletchey circle m’a fait passer d’excellents moments. C’est là que je me rends compte par contre que j’ai une sérieuse addiction aux enquêtes, vu que nous sommes encore dans ce registre là. Néanmoins, cette fois-ci, les femmes au pouvoir ! Ou du moins au centre de l’action. Anciennes décodeuses pendant la seconde guerre mondiale (en Angleterre), le quatuor de cette série se compose de femmes qui n’ont pas grand chose en commun à part leur passé, et un goût pour la justice.  Séparées par la fin de la guerre, elles sont réunies par l’une d’entre elle qui a cru déceler un schéma dans les meurtres d’un tueur en série.

J’ai beaucoup aimé les suivre, et avoir peur à chaque fois que cela finisse mal tant elles prennent de risque !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, ces petits résumés me permettent de reprendre petit à petit le chemin des chroniques, il faudrait par contre que je les rédige après visionnage, parce que vous me connaissez, j’ai une mémoire déplorable !

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Ce que j’ai lu en janvier

Comme ça me manque de vous parler de ce que je vois et de ce que je lis, et que je ne tiens pas forcément à faire des articles séparés, j’inaugure deux nouvelles rubriques (la seconde fera l’objet d’une autre article dans la semaine) ce que j’ai lu et ce que j’ai vu.

Aujourd’hui, je vous parle de mes lectures de janvier. Sept livres et beaucoup de Zola !

Commençons par les classiques :

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Plus je lis Zola, plus je l’aime. Les descriptions des Halles, des victuailles, de la marchandise, dans ce roman sont tout simplement sublimes. On croirait s’y promener, respirer l’odeur des fleurs ou des poissons, et la vie de cette ville dans la ville nous devient familière. La galerie de personnages est comme d’habitude très vaste, avec cette distinction entre ceux qui réussissent et ceux qui vivotent, voire sont dans la pauvreté. J’ai détesté Lisa, comme tout lecteur je crois, avec sa tranquillité de femme heureuse et contente, confite dans une méchanceté sournoise et diffuse…

Avec le bonheur des dames je crois que c’est pour l’instant mon roman préféré de l’auteur.

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Extraordinaire également, cette conquête de Plassans ! Assister à cette conquête, à ces personnages manipulés, poussés à la folie ou à leur perte est un supplice et un régal en même temps. On  voit les choses se dérouler, en sachant que la victoire de l’un va mener les autres au tombeau, et l’on craint, l’on admire aussi celui qui est l’auteur de tous ces méfaits, même si au fond, d’autres se chargent des basses besognes. La folie est présente dans tout le roman, et ronge petit à petit comme les éléments érodent les falaises.

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L’abbé Mouret, personnage que l’on a déjà rencontré dans la conquête de Plassans, est un homme habité par la piété, à un point maladif et inquiétant, tenant plus du mysticisme. Fasciné par la vierge, qui semble finalement être un moyen de fuir ses envies par la religion, en plaçant la femme en icone virginale, le « héros » de ce roman a demandé à être envoyé dans un lieu désertique, se voulant ascète. A force justement de s’oublier dans la religion, il tombe malade, et est recueilli dans une sorte de paradis perdu où il découvrira l’amour… Les descriptions lyriques de cet endroit sont magnifiques. Un vrai plaisir à lire, encore.

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Ah la vie politique ! Vous voulez dégoûter quelqu’un de la politique? Faites-lui lire ce livre. Nous plongeons en plein dans les méandres enfumés de ce monde peu sympathique, que Zola décrit avec beaucoup de justesse. Coups bas, retournements de vestes, trahisons… Une foule de personnages aussi peu sympathiques les uns que les autres. Je les ai quasiment tous détestés, tout en aimant peu le personnage principal. Aucun pour racheter les autres.

Mais j’ai beaucoup aimé ce livre tout de même, parce que très juste, et comme d’habitude formidablement écrit.

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On change un peu de Zola quand même, même si j’aurais pu continuer sans me lasser, pour plonger dans l’Angleterre victorienne avec Miss Mackenzie et Trollope. Miss Mackenzie, presque une page blanche tant son existence a été vide jusqu’à ses trente cinq ans, s’occupant de son père, puis de son frère, malades tous les deux. Que faire ensuite, pourvue d’une fortune? Les soupirants sont là, trop heureux de cette proie à priori facile. Mais notre héroïne entend bien vivre désormais, et puisque que l’auteur semble lui porter une certaine affection, se débrouille tout à fait bien. Drôle, et plein de finesse Trollope m’a convaincue ! J’ai aimé sa façon de dépeindre son époque, et certains personnages m’ont beaucoup amusée, notamment l’un des prétendants et son « oeil ». Ceux qui l’ont lu me comprendront.

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Un petit bijou que cette correspondance fictive entre deux amis, l’un allemand, l’autre juif, l’un en Allemagne, l’autre en Amérique, que le nazisme et la guerre finissent par séparer. Je ne peux que vous conseiller de le lire, puisque c’est très court, et que la fin est glaçante. Je m’en souviendrai longtemps.

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Un journaliste primé, trompé par sa femme, plaque tout pour devenir facteur dans le petit village où ses grands-parents lui ont laissé une maison. En apprenant à découvrir les gens chez qui il entre, il se redécouvre lui-même, après une multitude de rencontres et d’aventures comme seuls les auteurs scandinaves savent les écrire. C’est farfelu, très bizarre, et il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. Mais je me suis laissée porter par les personnages, et même si ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable, j’ai passé un très bon moment.