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Comme une évidence…

iStock_book_typewriter_writingEn ce moment j’écris. Cela n’a rien de bien nouveau, cela fait des années que j’ai des idées dans la tête, et je crois que j’ai commencé à écrire vers dix ans. Des bouts de choses, par ici, et par là. A dix-sept ans je finissais mon premier roman (un récit niais et sans grand intérêt, soyons honnêtes, mais pour lequel j’ai un amour sans bornes). Ensuite, j’ai eu une traversée du désert. Je n’ai jamais plus rien fini, et au bout d’un chapitre ou deux, à de rares exceptions, mes essais finissaient en queue de poisson, parce que je ne savais pas où j’allais. J’avais des histoires dans la tête, mais je ne savais pas quoi en faire.

Et puis, il y a peu, une idée a germé, ou plutôt explosé dans ma tête. C’était ça. L’histoire que je devais écrire, celle qui me ferait aller au bout. Ce n’est pas quelque chose de très fou, de très original, ou de révolutionnaire, il n’y a pas de magie, pas d’aventures incroyables, de rebondissements à la pelle. C’est juste l’histoire d’une famille comme il en existe des milliers avec ses problèmes, ses joies, ses peines. Mais pourtant, les mots coulent.

Pourquoi? Peut-être parce qu’au fond, le problème n’était pas les idées que j’avais, ou mes personnages, mais plutôt moi. Pour être écrivain, il faut avoir vécu, s’autoriser à vivre. Et depuis que je m’efforce d’embrasser qui je suis, tout coule de source à ce niveau là. Je n’ai plus besoin de motivation. Tout est devenu bien simple, et c’est rafraîchissant. Alors du coup, je me remets à espérer d’avoir un jour dans mes mains un objet de papier qui portera mon nom. Sinon, rien ne sera perdu, parce que je n’écris plus pour être lue. J’écris pour eux, ceux qui sont dans ma tête et dans mon cœur, et c’est bien là l’essentiel.

 

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Goodbye my lover.

Tasche Hut Spazieren 3Je ne sais plus quand, un jour, en août, cette année, ça fera deux ans. Deux ans que par téléphone, je t’ai dit qu’il fallait en finir. Notre amour, les derniers temps, c’était changé en mascarade grotesque, et nous nous trahissions, nous salissions notre couple, sans vraiment savoir comment faire pour arrêter. C’était laid, douloureux, et inutile.

Longtemps, je t’en ai voulu. Je t’ai haï, détesté, puis trouvé des excuses, mis sur un piédestal, encensé. Je t’ai idéalisé, je nous ai idéalisé, et j’ai gardé une immense place pour toi dans mon cœur tout cassé.

Aujourd’hui, mon cœur est rempli d’autre chose. De mes amies, de ma famille, de l’amour que je porte à la vie, à l’espoir, de mes rêves. J’ai grandi énormément, et ce grâce à la solitude à laquelle j’ai fait face. Je n’aurais sans doute pas réussi à devenir moi en restant à tes côtés. Peut être en avais-tu conscience, ou peut être as-tu voulu simplement te sauver. Je n’en saurais jamais rien, et je l’accepte.

Tu as été sept ans de ma vie, un peu plus même, et ce fut sept années certes tumultueuses parfois, mais qui m’ont apporté beaucoup de joies et de belles choses. Ce n’est pas ta faute, pas plus que la mienne, si nous n’étions pas fait l’un pour l’autre, au final. Je me suis longtemps contenté d’être à l’ombre de ton rayonnement, et je m’y suis sentie bien, un temps. Mais quelque chose en moi, mon caractère, mon entêtement, a du comprendre que ce n’était pas fait pour moi. Que j’ai besoin de luire moi aussi, de montrer que je peux être solaire, autant que lunaire, que je suis un être à part entière, avec des qualités et des défauts, mais valant la peine.

Je suis contente d’avoir fait une partie de chemin avec toi, comme je suis plus qu’heureuse d’être désormais plus à ma place, plus droite dans mes bottes, et plus sûre de ce que je dois faire. Je n’ai pas chassé mes nuages, mes doutes, mais je les ai acceptés.

Et aujourd’hui, je suis prête à laisser partir les derniers sentiments que j’avais pour toi. Nous ne nous reverrons sans doute plus, et nous n’avons plus que des souvenirs en communs, une amertume douce d’un amour passé.

Définitivement je ferme la porte, et c’est très bien ainsi.

Goodbye my lover, goodbye my friend, you have been the one for me.

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Home, sweet home?

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Autour de la maison familiale, à la campagne, dans laquelle je n’ai pas grandi, qui n’est pas vraiment chez moi, mais qui est tout de même mon point d’ancrage, il y a de petites routes, bordées de ruisseaux qui, après un orage, chantonnent joyeusement. J’aime les longer, contempler les papillons, les fleurs sauvages, les libellules noires et bleues, aux ailes translucides, qui s’envolent à toute vitesse si l’on s’en approche un peu trop. Elles sont gracieuses, aériennes, tout ce que j’aimerais être et ne suis pas.

En toile de fond, il y a la montagne noire. Je m’interroge toujours sur cette appellation, puisqu’elle est tantôt verte, bleue marine, mais jamais tout à fait noire. Il m’arrive d’imaginer de sombres histoires quant à son nom, mais elle le doit juste à ses forêts.

En marchant souvent, je réfléchis. Ce matin, le sujet était l’appartenance à un lieu. Je me suis demandé d’où j’étais. Je suis née dans le Nord, j’ai grandi un peu en Provence, ai eu mon tout premier baiser à Lille, me suis fait des amitiés éternelles dans le Tarn, ai fait mes premiers pas d’étudiante à Paris, travaillé à Toulouse, me suis perdue tout à fait à Bordeaux, avant de revenir en Midi-Pyrénées. Alors, d’où suis-je?

J’en ai conclu que je suis vraiment chez moi quand les gens que j’aime sont là. Peut importe le lieu finalement, leur proximité, leurs sourires, leurs rires, sont ma maison. Un chez soi, finalement, n’est peut-être pas obligatoirement matériel. Il est peut être plus difficile de rentrer dans cette habitation sans murs et sans porte, mais j’ai mille endroits où me réfugier, et cette pensée me semble réconfortante.

Nous n’avons pas de limites, et l’infini est notre demeure.