2

Les chemins de traverse.

4796537885_e4b71e4058_b

Dans la vie de tous les jours, j’ai plutôt le sens de l’orientation. Je me perds, parfois, mais globalement, j’arrive toujours à destination. Métaphoriquement parlant, c’est une autre histoire. Si je devais résumer ce que j’ai fait depuis que je suis devenue « grande » (le suis-je vraiment, allez savoir), c’est me perdre. J’ai pris des chemins tortueux, me suis arrêté pour faire une sieste sur une colline, ai cueilli des fleurs, dormi à la belle étoile, bref, je n’ai jamais su aller droit au but. Prendre la route la plus courte, me rendre à destination, me poser.

Je suis un peu la tortue de la fable. Ce que font les autres naturellement, il me faut parfois ruser avec moi-même pour le réaliser. Je parlemente avec le miroir, je me donne des dates, des récompenses, je m’apprivoise pour réussir. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué après tout?

Longtemps, je m’en suis voulue d’être si fragile, si perdue, si vacillante. Et puis, finalement, j’ai accepté. Découvert que finalement, j’étais un roc. Je m’érode, mais je reste là. Plantée, droite dans mes bottes, souriante, et bien déterminée à réussir. Je ne veux pas être milliardaire, avoir du succès, non, je veux juste épanouie. M’aimer comme je suis me suffit parfaitement, je n’ai plus envie d’être autre, de plaire à la multitude. A quoi bon finalement?

Il me semble que depuis quelques temps, je suis sur le bon chemin. Il est sinueux, grimpe un peu, mais la vue est belle, alors, j’y reste.

8

Once upon a time…

coolgrassnaturewritingvintagelovely-b141dfdd83bf6d3a1af736d1d5f680f1_hIl était une fois, une personne ayant toujours aimé écrire. Dix ans de blogs derrière elle, plus ou moins sérieux, dont certains ont connu une fin abrupte, à l’image de la bêtise qui les habitait. Puis il y eut le plus important, pour partager une passion intense et essayer de convaincre ses proches qu’il fallait lire tel livre, ou tel autre ouvrage. C’était un peu une déclaration d’amour, cet antre livresque, et il contenait encore une naïveté d’enfant qui n’a pas tout à fait cessé de croire aux contes de fées.
Et parfois, la magie se brise. Il suffit d’un petit quelque chose, d’un grain de sable dans une machine mal huilée, et les châteaux de cartes s’effondrent. Alors, la jeune femme essaya. Reconstruisit un ersatz de sa vie passée, pour tenter de continuer. Mais comme si elle savait la tentative vouée à l’échec, elle ne donna que quelques gouttes d’eau de temps en temps à cette plante peu aimée. Désormais, elle n’avait plus vraiment envie de raconter les livres, d’expliquer les films. Les regarder, les feuilleter, s’y plonger, c’était suffisant. Et puis au fond, elle savait que l’aventure était terminée.

Oui mais voila, l’envie d’écrire, de raconter d’autres choses, de partager des états d’âmes, des recettes, des rires, des larmes, des interrogations, commença à grandir. Elle parlait aux murs, aux gens, laissait courir ses mains sur le clavier, dans des journaux sans queue ni tête, un peu flous, un peu fous, qui la laissaient affamée d’autre chose.

Alors elle comprit qu’il était plus que temps. De fermer un chapitre, et d’en recommencer un ici. Parce qu’elle avait changé définitivement, et qu’il était temps de l’accepter.

Donc welcome, ici est mon nouveau chez moi. Il sera à mon image, un peu farfelu, un peu brouillon, un peu décousu peut être parfois. Mais terriblement vivant.